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PARIS : Gabriel DABI SCHWEBEL : « L’IA ne détruit pas le métier de consultant, mais son modèle économique »

L’intelligence artificielle bouscule le secteur du conseil, rendant obsolète la facturation au temps passé et forçant une réinvention des modèles d’affaires.

Le modèle économique traditionnel du conseil, fondé sur le Taux Journalier Moyen (TJM), vit ses dernières heures.

Pendant des décennies, la valeur d’une mission se calculait simplement :

Un nombre de jours multiplié par un tarif journalier. Une mission de 20 jours facturée 1 500 € par jour rapportait 30 000 €. Aujourd’hui, l’intelligence artificielle (IA) permet de réaliser ce même travail en à peine 3 jours, avec une qualité souvent supérieure, faisant chuter la facture à 4 500 €. Une perte de revenus de 85 % pour une valeur créée pourtant identique.

Pour Gabriel Dabi-Schwebel, fondateur de DécisionIA, l’analyse est claire : 

La menace ne pèse pas sur la pertinence du consultant, mais sur son mode de rémunération historique.

Une double transformation qualitative et quantitative

L’IA redéfinit le conseil sur deux axes majeurs. Sur le plan qualitatif, elle s’impose comme un véritable partenaire de réflexion stratégique. L’exploration de scénarios multiples, le test d’hypothèses, la simulation d’impacts et la formulation de recommandations plus robustes sont décuplés. Le consultant voit sa capacité d’analyse et sa pertinence augmenter de manière significative.

Sur le plan quantitatif, la compression du temps est radicale. Les tâches chronophages telles que la recherche documentaire, l’analyse de données, la synthèse, la rédaction de rapports ou la création de présentations et de business plans sont désormais automatisées et produites en une fraction du temps habituel.

Vendre la valeur plutôt que le temps

Cette mutation technologique impose une refonte complète de l’approche commerciale des cabinets et des consultants indépendants. Les acteurs qui sauront tirer leur épingle du jeu sont ceux qui parviennent à industrialiser leur expertise grâce à l’IA. Cela se traduit par des offres packagées, des forfaits, le développement de plateformes, l’organisation de bootcamps ou encore une rémunération directement indexée sur les résultats obtenus pour le client. L’objet de la vente n’est plus le temps, mais un produit fini ou une transformation mesurable.

À l’inverse, les consultants qui s’enferment dans une logique de TJM se retrouvent en position de faiblesse. Leurs coûts d’avant-vente restent élevés, tandis que leurs clients, conscients des gains de productivité permis par l’IA, exercent une pression accrue sur les prix. Le rapport de force s’est inversé. Certains métiers, fondés sur l’interaction humaine directe comme le coaching, la facilitation d’ateliers ou la conduite du changement, restent cependant relativement protégés, le temps relationnel n’étant pas compressible.

Les grands cabinets déjà en pleine mutation

Cette tendance est loin d’être anecdotique et est déjà une réalité au sein des plus grands noms du secteur.

Selon plusieurs études récentes, la transition est bien amorcée :

– Environ 25 % des honoraires de McKinsey sont désormais liés aux résultats obtenus plutôt qu’au temps passé (https://www.thestreet.com/markets/ai-is-forcing-mckinsey-bcg-bain-to-rethink-consulting-fees).

– 20 % du chiffre d’affaires de BCG provient déjà des activités liées à l’IA, avec un objectif affiché de 40 % d’ici 2026 (https://www.disruptivitytimes.com/article/bcg-drops-billable-hour-as-ai-dismantles-consulting-pyramid).

– 59 % des cabinets de conseil ont déjà intégré l’IA générative dans leurs missions (https://www.businessresearchinsights.com/market-reports/artificial-intelligence-ai-consulting-market-109569).

– Au total, les « Big Four » et les grands cabinets de stratégie ont investi plus de 10 milliards de dollars dans l’IA depuis 2023 (https://futureofconsulting.ai/ai-leadership/2026-consultings-ai-revolution-update/).

L’exemple concret de DécisionIA

Gabriel Dabi-Schwebel applique lui-même cette transformation. Il a fait évoluer son activité en remplaçant une partie de ses prestations de conseil par des bootcamps packagés, où l’IA assure une grande partie de la production de contenu.

Les gains de productivité sont spectaculaires :

La création d’une proposition commerciale personnalisée d’une quinzaine de diapositives est passée de 3 jours à 15 minutes. De même, un dirigeant formé par DécisionIA a mesuré une économie de plus de 50 % de son temps de travail, soit près de 90 heures par mois, grâce à une utilisation optimisée de l’IA.

Le paradigme a changé :

Il s’agit désormais d’équiper les clients pour qu’ils créent eux-mêmes de la valeur, et non plus de la produire à leur place.

via Presse Agence (rédigé à partir d’un communiqué de presse transmis à la rédaction).