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PARIS : Compétences en entreprise – Le grand écart en…

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PARIS : Compétences en entreprise – Le grand écart entre le discours des RH et la réalité des décisions

Une étude de PerformanSe révèle un paradoxe car si les RH prônent l’adaptabilité, seuls 9 % fondent leurs décisions sur le potentiel d’apprentissage.

Les directions des ressources humaines ont massivement adopté le langage des compétences, mais peinent encore à traduire ce discours en actes concrets. C’est le constat principal d’une étude menée par le cabinet PerformanSe auprès de 554 professionnels RH, qui met en lumière la persistance d’un modèle de décision fondé sur le passé et l’expérience, au détriment du potentiel et de l’adaptabilité, pourtant jugés stratégiques. Le basculement vers des organisations réellement fondées sur les compétences (ou « skills-based organizations ») semble plus lent et complexe qu’annoncé.

L’expérience, critère roi malgré les discours

Les chiffres de l’enquête illustrent une tension fondamentale au cœur des processus RH. Alors que 28 % des répondants définissent la compétence avant tout comme la capacité à s’adapter et à apprendre rapidement, leurs pratiques décisionnelles racontent une autre histoire. Au moment de trancher pour un recrutement ou une promotion, seuls 9 % d’entre eux privilégient ce potentiel d’apprentissage. Encore plus faible, la part des savoir-être (soft skills) ne pèse que pour 2 % dans la décision finale.

À l’inverse, le critère dominant reste l’expérience acquise sur un poste similaire, qui constitue le facteur principal pour 37,4 % des RH. Ce réflexe sécurisant démontre que, face à l’incertitude, les entreprises préfèrent encore s’appuyer sur des parcours validés plutôt que de parier sur la capacité d’un candidat à se développer.

Une évaluation subjective et des données peu fiables

Ce retour aux fondamentaux s’explique en partie par la difficulté à objectiver et à fiabiliser l’évaluation des compétences. L’étude révèle que pour près de la moitié des organisations (45,8 %), cette évaluation repose uniquement sur l’appréciation du manager. Les méthodes d’assessment structurées et standardisées, plus objectives, ne sont utilisées que par une minorité (9,6 %).

Cette subjectivité ambiante fragilise la crédibilité des données relatives aux compétences. Ainsi, si près de 74 % des professionnels RH jugent ces informations « plutôt fiables », ils ne sont que 4,3 % à les considérer comme « très fiables ». Un manque de confiance qui incite logiquement les décideurs à se rabattre sur des éléments plus tangibles comme le CV et l’historique professionnel.

Des démarches encore superficielles et réactives

L’intégration de l’approche par compétences dans le quotidien de l’entreprise reste également limitée. Pour plus de la moitié des répondants (51,5 %), le sujet n’est abordé de manière formelle que lors des entretiens annuels, et seulement 15,5 % en font un élément régulier des feedbacks ou du pilotage de projet.

De plus, ces démarches sont souvent plus descriptives qu’opérationnelles : 27,4 % des entreprises cantonnent les compétences aux fiches de poste, tandis que 18,2 % ne les ont que très peu, voire pas du tout, formalisées. Enfin, le développement des compétences reste majoritairement piloté par une vision à court terme. Les plans de formation sont définis à partir des besoins de terrain exprimés par les managers (42,2 %) bien avant de répondre aux priorités stratégiques de l’entreprise (35,8 %). Cette réactivité freine la capacité d’anticipation, un constat renforcé par le fait que seul un quart des entreprises (22,9 %) mène une veille structurée sur les compétences de demain.

Une transition culturelle à accomplir

L’étude de PerformanSe dresse le portrait d’organisations en pleine transition, partagées entre un modèle historique centré sur le poste et un modèle émergent axé sur les compétences. Pour le cabinet, le véritable enjeu des prochaines années sera de passer du verbe à l’action.

« Les entreprises ont appris à parler le langage des compétences. Le vrai test des prochaines années sera de leur faire peser sur les décisions concrètes : qui on recrute, qui on fait évoluer, sur quoi on forme. Tant que l’on continue de décider à partir du parcours, l’approche compétences reste un discours plus qu’une pratique », conclut Dominique Duquesnoy, CEO de PerformanSe.

L’enquête a été menée par PerformanSe en partenariat avec le cabinet de conseil Julhiet Sterwen. Le livre blanc complet, intitulé « Skills-Based Organization : l’approche compétences sur toutes les lèvres, encore loin des pratiques ? », est disponible sur demande auprès des auteurs.

via Presse Agence (rédigé à partir d’un communiqué de presse transmis à la rédaction).