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PARIS : Nina VOIT : « La digestion est l’angle mort de la performance sportive »

Avant le départ du Tour de France, l’experte en nutrition Nina Voit décrypte les enjeux digestifs, un défi majeur pour les athlètes et les amateurs.

Alors que le peloton s’élancera ce samedi 4 juillet pour une nouvelle édition du Tour de France, les regards seront tournés vers les exploits musculaires et l’endurance des coureurs. Pourtant, une bataille plus discrète mais tout aussi cruciale se joue à l’intérieur de chaque organisme : celle de la digestion. Gels, barres énergétiques, compotes, boissons sucrées… Les cyclistes ingèrent des quantités colossales de nutriments en plein effort, soumettant leur système digestif à un stress extrême. Comment le corps peut-il accomplir cette prouesse ? Pour Nina Voit, experte en nutrition et fondatrice de la plateforme Du Bon Sens dans Mon Assiette, la performance passe inévitablement par un tube digestif performant.

Un système digestif en état de siège

Durant une activité physique intense, le corps humain fait face à des priorités contradictoires. D’un côté, il doit alimenter les muscles en oxygène et en énergie ; de l’autre, on lui demande de digérer les aliments pour fournir cette même énergie. Un véritable casse-tête physiologique qui explique pourquoi de nombreux sportifs, même aguerris, sont sujets aux troubles intestinaux.

« Pendant un effort intense, le flux sanguin est massivement détourné des organes digestifs vers les muscles sollicités. Le corps est en mode ‘combat ou fuite’, pas en mode ‘repos et digestion’. On lui demande pourtant d’absorber des nutriments en continu. C’est un paradoxe physiologique énorme », explique Nina Voit.

Cette redirection du sang peut réduire l’irrigation de l’intestin jusqu’à 80 %, ralentissant considérablement la digestion et l’absorption. S’ajoutent à cela le stress mécanique des secousses, la chaleur et la déshydratation, qui peuvent provoquer ballonnements, nausées, crampes ou diarrhées, anéantissant des mois de préparation.

L’intestin, un muscle qui s’entraîne

Si les coureurs professionnels semblent pouvoir ingérer d’importantes quantités de nourriture en course, ce n’est pas le fruit du hasard, mais le résultat d’un entraînement spécifique et méticuleux. La tolérance digestive, loin d’être innée, se construit et s’éduque au fil des sorties.

« On ne teste jamais un nouveau gel ou une nouvelle barre le jour de la course. La tolérance digestive se construit à l’entraînement, progressivement. L’intestin apprend à travailler dans des conditions dégradées. C’est pour cela que certains champions semblent pouvoir tout ingérer en roulant, tandis qu’un amateur souffrira de crampes au premier essai », souligne l’experte.

Cet « entraînement intestinal » consiste à habituer son corps à digérer de petites quantités pendant l’effort, en augmentant graduellement les doses et en testant différents types de produits pour identifier les plus digestes pour son propre organisme.

Du cycliste professionnel au sportif du dimanche

L’erreur la plus commune chez les sportifs amateurs est de vouloir calquer leur alimentation sur celle des élites, sans disposer de la même préparation ni des mêmes besoins. Les leçons du Tour de France doivent donc être adaptées avec discernement.

« L’erreur est de vouloir copier l’élite sans en avoir la préparation. Un amateur n’a pas besoin des mêmes quantités de glucides qu’un coureur du Tour. Il faut adapter les apports à l’intensité et à la durée de son propre effort, et surtout, bien s’hydrater pour faciliter l’assimilation », prévient Nina Voit.

« Il faut aussi éviter les aliments riches en fibres, en graisses ou trop complexes juste avant ou pendant l’effort, car ils ralentissent la vidange gastrique et peuvent causer des troubles importants. La simplicité est souvent la clé. »

Touchée personnellement par une maladie chronique, Nina Voit, également experte en biochimie et en médecine traditionnelle chinoise, prône une approche qui remet le corps et ses signaux au centre de l’alimentation. Pour elle, que l’on soit athlète de haut niveau ou simplement soucieux de son bien-être, apprendre à écouter son système digestif est la première étape vers une énergie durable et une meilleure santé.

via Presse Agence (rédigé à partir d’un communiqué de presse transmis à la rédaction).