LA ROCHELLE : Qualité des eaux côtières – La filière…
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LA ROCHELLE : Qualité des eaux côtières – La filière conchylicole lance un appel pour un plan d’action national
Face à la dégradation des eaux littorales, la filière conchylicole propose des mesures concrètes pour passer d’une gestion de crise à une politique de prévention.
La qualité des eaux côtières n’est plus une simple préoccupation environnementale, mais un enjeu majeur de santé publique, de souveraineté alimentaire et de viabilité économique pour les territoires littoraux. C’est le message fort envoyé par les acteurs du littoral, réunis à La Rochelle le 23 juin 2026 à l’occasion des premières Assises nationales de la Qualité des eaux côtières. À l’issue de cette journée de travail, un document de référence, l’« Appel de La Rochelle », a été remis à Catherine Chabaud, ministre déléguée chargée de la Mer et de la Pêche, par les coorganisateurs Sophie Panonacle, députée de Gironde, et Philippe Le Gal, président du Comité National de la Conchyliculture (CNC).
Un diagnostic partagé : un enjeu de santé globale
Le constat est sans équivoque : la multiplication des épisodes de pollution, aggravée par les effets du changement climatique, menace directement de nombreuses activités telles que la conchyliculture, la pêche, le tourisme et la baignade. Loin de se limiter aux seuls professionnels de la mer, la dégradation progressive des écosystèmes marins affecte l’ensemble de la société.
L’Appel de La Rochelle s’inscrit résolument dans une vision « One Health » (Une seule santé), qui reconnaît l’interdépendance fondamentale entre la santé humaine, la santé animale et celle des écosystèmes. Les participants rappellent que la dégradation des biotopes marins affaiblit la résilience écologique et expose les populations à des risques sanitaires accrus, qu’ils soient bactériologiques, viraux ou chimiques.
Des mesures structurantes pour renforcer la résilience
Pour sortir d’une logique de gestion de crises à répétition, l’Appel de La Rochelle formule des propositions concrètes et structurantes. Trois mesures phares visent à renforcer la résilience de la filière conchylicole, particulièrement exposée aux fermetures administratives. Il s’agit tout d’abord de la création d’un Fonds de Garantie Conchylicole, destiné à indemniser les entreprises contraintes de cesser leur activité. Vient ensuite la nécessité de pérenniser le financement de l’observatoire OXYVIR, un outil scientifique jugé essentiel pour l’anticipation des risques sanitaires. Enfin, un soutien accru est demandé pour accompagner les entreprises dans le financement d’infrastructures de sécurisation et de purification, afin de mieux protéger leur production des aléas.
« La qualité des eaux côtières est un enjeu collectif. Elle conditionne la santé des écosystèmes, la sécurité sanitaire, mais aussi l’avenir de milliers d’entreprises et d’emplois sur nos littoraux. Avec l’Appel de La Rochelle, nous proposons des solutions concrètes pour passer d’une logique de gestion des crises à une véritable politique de prévention », a souligné Philippe Le Gal, Président du Comité National de la Conchyliculture.
Vers un « plan Marshall » de l’assainissement
Le document va plus loin en appelant à une action d’envergure sur les sources de pollution, notamment les réseaux d’assainissement. Il prône un principe de « zéro rejet d’eaux résiduaires urbaines dans les eaux côtières », en particulier dans les zones sensibles. Pour y parvenir, les signataires demandent un vaste programme de diagnostic et de modernisation des réseaux, qualifié de véritable « plan Marshall », afin de limiter les apports d’eaux pluviales et d’anticiper les événements climatiques extrêmes. La mise en place de traitements tertiaires virucides en sortie des stations d’épuration est également encouragée.
Un financement pérenne et une gouvernance renforcée
Pour financer ce plan d’action, l’Appel propose une approche multisource. Il suggère de mobiliser les crédits du programme « Affaires maritimes, pêche et aquaculture », le Fonds Européen pour les Affaires Maritimes, la Pêche et l’Aquaculture (FEAMPA), mais aussi la redevance perçue par les Agences de l’eau. Le principe du pollueur-payeur est réaffirmé, avec la suggestion de s’appuyer sur les éco-contributions des filières des produits chimiques ou des engrais.
L’intégralité du document est consultable en ligne (https://www.datapressepremium.com/rmupload/2005502/File/Appel_de_LaRochelle_.pdf).
À propos du Comité National de la Conchyliculture
Le Comité National de la Conchyliculture (CNC) est l’organisation interprofessionnelle qui représente l’ensemble des éleveurs, transformateurs et distributeurs de coquillages en France, incluant les huîtres, moules, palourdes et coques. Le CNC assure la défense des intérêts des professionnels du secteur auprès des pouvoirs publics et joue un rôle clé dans la promotion et le développement durable de la filière conchylicole.
via Presse Agence (rédigé à partir d’un communiqué de presse transmis à la rédaction).
