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PARIS : Boris VALLAUD : « La Vème République est un grand cadavre à la renverse »

Dans un essai pour la Fondation Jean-Jaurès, Boris Vallaud dresse le constat de la fin de la Vème République et appelle à sa refondation démocratique.

Dans un contexte de crise politique majeure, la Fondation Jean-Jaurès publie Souvenirs pour demain, un récit percutant de Boris Vallaud, président du groupe Socialistes et apparentés à l’Assemblée nationale. L’ouvrage dresse un diagnostic sévère de l’état des institutions françaises et propose une feuille de route pour sortir de l’impasse. Pour l’auteur, le régime actuel est à l’agonie.

« La Ve République est un grand cadavre à la renverse depuis si longtemps […] En réalité, il n’en finit pas de mourir », écrit Boris Vallaud dès les premières pages.

Un diagnostic institutionnel sans concession

Le député dépeint une République minée par le désamour des citoyens, l’impuissance politique et une « brutalisation » du débat démocratique. Il revient sur les événements récents qui ont, selon lui, acté cette fracture, citant notamment la dissolution de l’Assemblée nationale en juin 2024, qualifiée d’acte « d’inconséquence coupable », la réforme des retraites imposée au mépris de l’unité syndicale, ou encore l’émergence d’une union des droites « suintant la régression, la barbarie et le mensonge ».

Le récit plonge également le lecteur dans les coulisses d’une année parlementaire où l’absence de majorité absolue a contraint les oppositions à endosser un rôle inédit, fait de responsabilités et de compromis permanents pour éviter le blocage total du pays.

L’opposition face à une responsabilité historique

Boris Vallaud analyse la transformation radicale du rôle de l’opposition. Fini le « bonheur de l’opposition » théorisé par le constitutionnaliste Guy Carcassonne, où la critique était confortable et sans conséquence directe. Dans une Assemblée nationale fragmentée, chaque vote sur une loi, un budget ou une motion de censure engage désormais la stabilité de la République.

L’opposition n’est plus un contre-pouvoir distant mais un acteur central, contraint de négocier et d’assumer des décisions aux implications immédiates. L’auteur souligne que cette situation, bien qu’inédite sous la Ve République, n’est pas sans rappeler les périodes les plus fécondes de l’histoire parlementaire française, où des gouvernements sans majorité stable ont pu porter des réformes sociales majeures.

Vers une VIe République : un appel au sursaut

En convoquant les figures de Jean Jaurès, Pierre Mendès-France ou Georges Bernanos, Boris Vallaud ancre sa réflexion dans une tradition morale qui impose de « se porter au secours de la République » quand elle vacille. Pour lui, la Ve République est arrivée au terme de son cycle historique. Il plaide pour une transformation profonde des institutions, articulée autour d’un parlementarisme renouvelé, l’instauration de la proportionnelle intégrale, la fin du présidentialisme et l’acceptation d’une véritable culture du compromis.

« La démocratie n’est pas un héritage, elle est un combat », conclut-il, appelant à refonder un pacte démocratique capable de résister à la montée de l’extrême droite.

Souvenirs pour demain se présente ainsi moins comme un simple témoignage que comme un manifeste pour ceux qui refusent le fatalisme et souhaitent reconstruire une démocratie vivante.

Le texte intégral est disponible sur le site de la Fondation Jean-Jaurès (www.jean-jaures.org).

À propos de la Fondation Jean-Jaurès

Reconnue d’utilité publique depuis sa création en 1992 par Pierre Mauroy, la Fondation Jean-Jaurès est la première des fondations politiques françaises. Sa mission est d’influencer les politiques publiques par ses analyses et propositions, tout en contribuant à repenser le projet social-démocrate aux échelles nationale, européenne et internationale.

via Presse Agence (rédigé à partir d’un communiqué de presse transmis à la rédaction).